Pop-up or comeback of the year

Save Rock And Roll

En démarrant ce blog il y a plus de six mois, je pensais avoir choisi le nom Cults uniquement pour pour le rapprochement phonétique et étymologique qu’il était possible de tracer entre « culte » et « culture » et ainsi aborder le travail de critique sous un angle traditionnel tout en le plaçant dans un contexte faussement religieux et volontairement décalé. Cependant, à bien y regarder, ce choix fut probablement plus inconscient qu’il n’y parait. M’étant longtemps défini dans mes jeunes années comme athée, ce positionnement philosophique s’étant principalement construit sur un rejet primaire des hypocrisies du christianisme et de toutes les autres grandes religions monothéistes, la maturité et l’initiation à la philosophie m’ont lentement amené vers un agnosticisme timoré pour ne pas dire vers une croyance timide. Dans mon cas, la question n’est absolument pas de m’imposer une morale dictée par des prêcheurs afin d’ainsi parvenir à un illusoire salut, mais plutôt de tenter de comprendre un phénomène qui semble véritablement surnaturel. Si la science a démontré que la pluie vient de l’océan et la nuit de la rotation de la Terre sur elle-même, aucun chercheur n’est encore parvenu à expliquer la perfection ou plus simplement le beau. Ainsi, faute de pouvoir faire appel à la raison, j’entends Dieu dans le Prélude de la Première suite pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach, je l’aperçois dans le David de Michel-Ange, dans la Marie-Madeleine du Titien ou encore dans La nuit étoilée de Vincent Van Gogh. Croire au génie, c’est croire en Dieu. En ce sens, Patrick Stump constitue probablement « my personal Jesus ».

La croyance a ceci de particulier que, même si vous en avez pleinement conscience, elle parvient à légitimer des opinions parfaitement déraisonnées pour ne pas dire irrationnelles. Peu importe que le leader artistique de Fall Out Boy ne soit pas un génie aux yeux du monde, ou encore que sa banalité puisse être démontrer par certains, tout ceci possède bien peu d’importance face à la croyance qui habite le cœur d’un fan. Cette croyance qui vous, qui me fait penser que Patrick Stump est probablement l’artiste musical le plus accompli de notre époque. Capable de réaliser un album solo entièrement seul, puisque compositeur-interprète, multi-instrumentiste et parolier sur Soul Punk, le chanteur de Fall Out Boy avait vu sa remarquable évolution musicale vers une pop/soul électronique et flamboyante subir les foudres d’idiots qui ont jugé bon d’aller le voir sur scène pour lui reprocher d’avoir muri, mais également d’avoir maigri, puisque brandissant des banderoles « We liked you better fat ». Fan peut également donner fanatisme. L’on comprendra aisément que l’intéressé en soit venu jusqu’à abandonner l’idée de refaire un jour de la musique mais aussi et surtout la surprise et la joie qui fut mienne (et peut-être votre) à l’annonce conjointe de la reformation de Fall Out Boy et de la sortie d’un album, enregistré dans le plus grand secret, pour la mi-mai 2013. Avancé depuis aux 15 et 16 avril, Save Rock And Roll s’ouvre sur le morceau The Phoenix. Comme un symbole.

Une renaissance qui sonne comme un nouveau départ. Disons-le de suite, Save Rock And Roll est un album qui divisera, probablement encore plus que le précédent opus du groupe, Folie à Deux. L’inspiration pop n’a jamais était aussi présente chez le groupe de Wilmette, Illinois, Fall Out Boy achevant ainsi sa maturation du pop-punk vers le pop-rock. Si l’album n’est, de fait, pas des plus originaux, il se révèle pourtant diablement efficace et se permet même quelques excentricités, comme par exemple de naviguer entre le rap-rock (The Mighty Fall avec la participation de Big Sean) et la new wave (Miss Missing You) en passant par un folk-rock guilleret (Young Volcanoes). Car c’est bien la joie qui caractérise le dernier album de Fall Out Boy, le groupe irradiant chaque morceau de son envie retrouvée de jouer ensemble, avec le public (Where Did The Party Go et Rat A Tat entre autres), mais aussi avec d’autres artistes, Sir Elton John en tête, ce dernier participant à une power ballade concluant magnifiquement un album auquel elle donne son nom. Save Rock And Roll est un album estival et nocturne, un album qui donne envie de faire la fête sur la plage à en faire cracher les enceintes de la Golf GTI. Pour le dire en quelques mots, Fall Out Boy est bel et bien de retour. Il suffisait juste d’y croire, et également de se souvenir du nom de leur premier et unique best-of à ce jour : Believers Never Die. Vivement le prochain.

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