Œil au beurre blanc

The 20/20 ExperienceJe ne sais pas si vous avez remarqué, mais mine de rien, Justin Bieber et Justin Bridou, c’est quand même assez proche phonétiquement. Sauf que voilà, « Justinnnneee » c’est stylé voir carrément émoustillant pour certaines, alors que « Justin », c’est juste le prénom de ton arrière-grand père et d’une saucisse sèche (l’un n’ayant aucun rapport avec l’autre). De là à dire que l’Amérique c’est carrément plus classieux, il n’y a donc qu’un pas. Car oui, même en  mettant à part Bieber et Bridou, le fait est que l’outre-Atlantique possède ce quelque chose de différent, d’élégant, de classe pour le dire simplement. N’oublions pas qu’avant d’être la nation du KFC et de George W. Bush, le pays de l’oncle Sam fut aussi et surtout la patrie de Frank Sinatra, Sammy Davis Junior, Dean Martin et consorts. Bref, les États-Unis nous ont offert le Rat Pack et quasiment tous les grands crooners d’une glorieuse époque désormais révolue. Une ancienne prophétie raconte qu’en 2013, un jeune garçon du Club Mickey accompagné de son gros nounours Timbo se lancera dans une quête pour reconquérir l’héritage de ses illustres aïeux. Le premier tome narrant cette épique aventure est sorti dans nos vertes contrées le 15 mars dernier.

Sept ans. Voilà sept longues années que la scène musicale était orpheline d’un de ses « fils prodiges », Justin Timberlake ayant choisi de se consacrer exclusivement à sa carrière d’acteur. Cette retraite musicale fut néanmoins relative puisqu’elle ne l’empêcha pas de passer de l’autre côté du micro en co-signant et en produisant pour différents artistes, parmi lesquels Madonna, Rihanna, Esmée Denters ou encore Joe Jonas (Disney Forever), mais aussi et surtout de participer à deux des meilleurs moments musico-télévisuels de ces dernières années, à savoir ses medleys retraçant l’histoire du rap en compagnie de Jimmy Fallon (nous en sommes déjà au quatrième) et bien sur la fantastique trilogie avec les fous furieux de The Lonely Island, dont le prochain album est lui-aussi attendu pour cette année. Allez, je vous met l’intégralité, c’est pour moi , c’est cadeau.

Legends Of The Summer

Officialisé avec la sortie du clip de Suit & Tie, réalisé par David Fincher, The 20/20 Experience s’annonçait presque comme un album entièrement inspiré par le jazz et le swing des années quarante et au-delà. Tout était là. L’imagerie noir et blanc, le style vestimentaire, l’intronisation du groupe The Tennessee Kids avec leurs petits pupitres « JT », la mise en scène et avant tout la participation de Jay-Z, ce dernier s’étant lui-même désigné comme « le nouveau Sinatra ». Après l’annonce de leur tournée en plateau commun, il ne faisait plus aucun doute que Justin Timberlake allait s’affirmer comme le crooner moderne et faire revivre les grandes heures des big bands. Bien que l’inspiration soit indéniable et la communication impeccable, le fait est que musicalement parlant, le nouvel album du Tennessee Kid ne se différencie pas autant que l’on aurait pu le souhaiter du reste de sa discographie. Si l’ensemble de The 20/20 Experience lorgne finalement plus du côté de la néo soul que du R&B, plusieurs constantes viennent nous rappeler qu’il s’agit d’un album de Justin Timberlake, et qui plus est produit par Timothy « Timbaland » Mosley. Pour le dire de manière très simple, la plupart des morceaux tournent aux alentours des huit minutes et connaissent des ruptures mélodiques toujours surprenantes, les beats percutants se font plus discrets qu’à l’accoutumée mais restent néanmoins très présents et JT sonne comme l’antithèse vocale de Frank Sinatra, usant et parfois abusant de la voix de tête. Mais surtout, les paroles de l’album oscillent en permanence entre le rentre-dedans un peu lourdingue (Don’t Hold The Wall, Dress On) et l’enfilade de lieux communs à propos de l’Amour avec un grand « A » (Mirrors, Blue Ocean Floor). Cependant, The 20/20 Experience n’en reste pas moins un album néo soul/R&B d’une qualité indéniable, véritablement ambitieux, entier pour ne pas dire jusqu’au-boutiste dans sa démarche et qui, à l’exception d’un ou deux titres, respire la joie de faire de la musique en live.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un crooner ne chante pas l’Amour, il chante l’envie et l’incommensurable allégresse que peut provoquer le désir dans l’œil de celui ou celle qui vous regarde. Si Justin Timberlake ne sera pas le nouveau Sinatra, il est revenu après sept ans d’absence reconquérir un trône dont il fut dépossédé, notamment par Frank Ocean. Bien que cette quête semble s’être soldée par un échec, il s’en est finalement fallu de peu et rien ne nous dit qu’il n’en sera pas tout autrement avec le tome 2 de l’aventure du Tennessee Kid, attendu pour novembre prochain. En attendant, je retourne écouter  Franky « The Voice » chanter du Cole Porter. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais mine de rien, « swing » et « swagg », c’est quand même assez proche phonétiquement.

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